Situé entre deux parcs éoliens, Cocott’Paradise est dans un couloir venteux. Parfois désagréable à la saison hivernale, c’est à l’inverse, un atout lorsqu’il fait chaud.
Par contre lorsque les températures grimpent en l’absence de vent… on étouffe !!
La végétation est brûlée par les épisodes caniculaires précédant et cela augmente considérablement la température générale ambiante.
Les plantations sensées produire ombre et fourrage vert pour les poulets, sont dans le meilleur des cas rachitiques, sinon mortes depuis longtemps.
Résilience et Résistance
Au même titre que pour nous humains, ces épisodes répétés de fortes chaleurs, mettent nos organismes à l’épreuve. Les plus résistants s’en sortiront, les autres souffriront ou disparaîtront… comme les plantes.
Ce n’est ni plus ni moins la sélection naturelle
Durant les premières années d’élevage j’apportais en permanence multitude de confort à mes poulets. Je créais des zones d’ombre avec des draps, des toiles d’ombrages et autres inventions. Je me tuais à la tâche à mettre de l’eau fraîche régulièrement, voire même trop souvent, au détriment de ma propre santé.
Cela à duré des années.
À Cocott’Paradise j’ai décidé de faire autrement, pour les poulets, comme pour les poneys. Observer le terrain, observer le Vivant, et s’adapter.
Réfléchir à ce que la Nature propose, comment réagissent les animaux sauvages.
Le travail de résistance et résilience sur lequel j’oeuvre auprès de mes animaux, porte vraiment ses fruits, et heureusement, car cette année, je n’aurai pu suivre le rythme.

Supporter la chaleur
Profiter de la fraîcheur (parfois relative) du petit matin, pour s’activer. Comme le font les animaux. Nourrir, entretenir, abreuver, veiller aux poussins et aux plants encore vivants.
Et puis supporter les heures de chaleur écrasante, parfois étouffante du milieu de journée, en restant à l’ombre et en limitant les mouvements.
Dans chaque parc, les poulets savent quel est l’endroit le plus frais, le plus ventilé…
Celui qui permettra de survivre encore une journée.
Car oui, ces températures dépassant les 35° sont létales pour les gallinacés…
Mes animaux n’ont pas d’eau fraîche, tout au mieux à température ambiante. Ainsi je suis certaine de ne pas créer de choc thermique ou de diarrhées qui sont déjà suffisamment fréquentes de par la consommation vite excessive de liquide.
Ils apprennent également à gérer l’absence d’eau possible.
Cela pourrait sembler contre intuitif et pourtant les résultats sont positifs : Moins de contraintes pour moi, et des poulets plus résiliants de jours en jours. 😃
Nous entamons la 6ème vague de fortes chaleurs, et à ce jour aucune perte, directement liée aux températures excessives, si ce n’est (peut-être) celle de CotCot, la petite doyenne de 13 ans.
Je me souviens encore, 4 ou 5 ans en arrière, où les poulets tombaient de crise cardiaque.
Satisfaction
J’ai encore eu cette crainte lors du premier épisode (assez violent) de chaleur (en avril je crois). Cette hantise de découvrir un corps inerte le soir en allant donner à boire et ramasser les oeufs.
Cela n’est pas arrivé. Et je trouve même les animaux plutôt en forme, certaines poules ne démordant pas de pondre, et même de couver. Bon ce n’est pas une généralité, mais je les trouve persévérantes et solides.
La Nature fait son oeuvre, et nous aide dans cette sélection.
À nous de ne pas aller contre de part un interventionnisme trop important.
Accepter de laisser faire la Vie, et d’en tirer des enseignements profitables à long terme.
Accepter de lâcher prise, d’observer et d’améliorer notre écosystème pour le rendre plus vivant.


Oui