Résilience : Accepter ce qui est & accueillir 💗.

Ciel nuageux sur Cocott'Paradise, et pourtant au loin, la lumière du soleil levant

Des mois que je n’ai pas vraiment écrit ici. Pas faute d’envie ou d’idées, faute de temps.

Mi-décembre ma vie à basculé à 200% dans la création du Sommet Vie Au Jardin lorsque j’ai appris que ce projet initié par mon amie Louane, n’était plus que le mien, et que je devrais désormais le porter seule. J’ai cru que j’y arriverais, que je pourrai relever ce défi, et ne pas laisser en plan tout ce qui avait déjà été mis en place.

J’y ai cru jusqu’au dernier jour de ce fameux Sommet. Et même après.

Et puis je me suis écroulée, une première fois. 

J’avais mis dans cet évènement tous mes espoirs pour redresser mon activité agricole, ma vie, mes projets sur Cocott’Paradise. J’ai mis ma vie et celle de mes animaux entre parenthèses depuis décembre jusqu’à ces jours-ci, pour tenter de tenir les délais, de délivrer tout ce que je souhaitais apporter.

La violence de la réalité : Accepter ce qui est

Le lendemain de cet évènement, je me suis effondrée, avec des idées noires qui tournaient en boucle. 4 jours au fond du trou. 4 jours à me demander « à quoi bon ? » Ma déception face au peu de ventes réalisées, me ramenait de plein fouet à la réalité mise de côté ces dernières semaines. Les créanciers, comment soigner, comment manger…

Le vendredi, j’ai repris mes esprits puisque j’étais encore en vie. J’ai posé sur mon carnet tout ce qui avait été chouette dans cette aventure, et j’ai aussi écrit tout ce qui avait manqué ou dysfonctionné. Lister ce qui est, juste les faits, positifs comme négatifs.

Force fut de constater que malheureusement les délais étaient bien trop courts pour réaliser seule la masse de travail nécessaire à un bon déroulement, d’un tel évènement. J’avais dû faire des choix, et retirer une à une des démarches importantes qui ont inévitablement porté préjudice à la diffusion du Sommet. Puis des aléas techniques sont venus se greffer là-dessus, histoire d’alourdir péniblement la charge qui pesait déjà sur mes épaules.

J’avais choisi de délivrer le Sommet et de donner le meilleur de moi-même durant toute cette semaine.

J’ai fait de mon mieux, sans craquer ni me rajouter de pression. C’était déjà bien. Quelques années en arrière j’aurais tout envoyé valser car ce n’était ni parfait, ni prêt comme je le souhaitais. Comme je l’avais imaginé, rêvé, dessiné.

Au final, cela aurait peut-être été mieux… Va savoir !

paysage limousin. Accepter ce qui est, tel qu'il est
Accepter ce qui est, tel que c’est…

Factuellement, la plus grosse erreur a été de maintenir la date programmée coûte que coûte. Je me suis laissé entraîner au lieu d’écouter la voix qui déjà à ce moment-là, criait stop au fond de moi. Et le coût à payer est élevé, à tous les niveaux.

Impossible de revenir en arrière. Inutile de me culpabiliser. Ce qui est fait est fait. Continuer de lister sur mon carnet. Peu à peu, les points positifs « s’équilibrent » avec les défaillances. Ces constats sont précieux, ils seront une base de travail et d’amélioration pour une prochaine fois. Parce qu’il y aura une prochaine fois, je ne peux pas rester sur cet échec. Je ne veux pas.

Je reprends de la vigueur et m’active, toujours en bataillant techniquement, sur la délivrance du Coffret promis, contenant l’intégralité du Sommet. Les acheteurs n’ont pas à faire les frais de ma cruelle déception, ni de mon découragement.

Je poursuis mon rythme de travail effréné, jour après jour, avec l’idée que les ventes viendront en décalé. Je crois que mon cerveau s’auto-persuade de quelque chose pour que je cesse de le malmener. Soit, allons dans ce sens.

Nouvel échec, cuisant. Je glisse une fois de plus, dans le fond du trou. J’aurais besoin de repos, de faire un break. Même dormir devient un défi. Mais je ne m’y autorise pas.

De l’épuisement à l’exténuation. Au bord de l’extinction

Je sombre ; plus d’envies ni de motivation. Je deviens inefficace dans mon travail, et ça m’exaspère, car j’en ai tristement conscience. Cela m’épuise d’autant plus. Si tant est que cela soit possible, puisque le seuil d’épuisement était déjà outrepassé depuis belle lurette ! 😥

Mes animaux me rappellent à la réalité. S’en occuper, trouver à manger. Les soigner. Ils ne méritent pas d’être ainsi délaissés depuis des semaines. Presque abandonnés. Je prends la voiture, et je retourne chercher, quémander.

Je ne suis plus dans le présent ni dans l’instant. Et puis c’est l’accident. Rien de méchant pourtant, juste de la tôle, pas de blessés. Les gens sont odieux, violents, agressifs. Je suis là sans être là, je ne réagis plus. Je ne me reconnais plus. Quelqu’un semble avoir appuyé sur le bouton « off ». Je n’ai qu’une chose en tête : rentrer chez moi, et me terrer. Ne plus exister.

Quand est-ce que quelqu’un s’en apercevra, si je ne suis plus là ?

Mes animaux se rappellent à moi. Ils n’ont que moi. Je ne peux pas.

Luky avait insisté pour que je ne prenne pas la voiture. J’aurais du l’écouter. Ils savent. Je la retrouve et la prends dans mes bras. Mes larmes se déversent dans son plumage, sans qu’elle ne proteste. Elle absorbe. Elle est là. Présente pour moi, comme je le suis pour elle, et me le rappelle à sa manière.

tout l'amour d'une poule pour se reconnecter à soi
Avec tout l’amour d’une poule pour se reconnecter à soi

La puissance d’une plume 🪶

Les minutes passent, je me suis laissée glisser au sol, genoux repliés, Luky calée entre ces derniers, mon ventre et mes bras. Elle attend patiemment que la crise passe. Elle est incroyable, mais ce jour là, je ne m’en rends plus compte.

Je ne sais combien de temps nous sommes restées ainsi. Moi dans un état second, elle impassible. Peu à peu sa petite voix s’est immiscée en moi. D’abord un murmure lointain, prisonnier du brouillard mental terrassant mon cerveau. Puis des bribes de mots, de la lumière et de l’amour. L’amour d’une poule, inconditionnel, démesuré pour quelqu’un de rationnel. Ce coeur à coeur fusionnel qui caractérise notre relation. Je reviens, elle le sent. J’entends ses mots, si doux, sans jugement.

La chaleur de Luky se diffuse et rayonne en moi. Elle me rappelle nos projets, mes engagements, Cocott’Paradise, et l’avenir sombre qui se dessine si je ne réagis pas. Elle me rappelle tout ce que l’on doit encore expérimenter, tout ce qu’il y à planter, tout ce qu’il y aura à récolter, même si les poulets en auront déjà chapardé.

Elle sait dire les choses. Ma mâchoire se détend et un léger sourire se dessine sur mes lèvres. Elle le voit. Elle cocotte vivement à présent, plus seulement entre nous. Je ne peux pas la laisser.

« On va y arriver, je ne vais pas abandonner » soufflait-je dans les plumes de son cou.

« Et je vais accepter les mains qui se tendent pour nous aider » ajoutais-je en la regardant.

La séance de psy est terminée. J’ignore le temps qu’elle a duré, ni combien elle aurait pu me coûter. Luky ne facture qu’en sourire et en temps d’écriture. Parfois en nourriture ! 😉

 

Gaëlle et Luky dans ses bras. illustration ia
La douceur de ses plumes, de son âme, et son coeur débordant d’amour.

Ce texte est sorti tout seul, d’un trait, d’un jet. J’aime ces moments où mes doigts s’emparent du clavier, et où les mots jaillissent tous seuls. Comme lorsque j’écris pour Luky. Fluide, simple, sincère, profond.

Je ne sais pas trop encore par où je vais commencer, mais je ne vais rien lâcher. Dans tout ce qui m’arrive, il y a du positif, et je vais me pencher dessus, pour définir maintenant comment en tirer parti. Toutefois l’étape la plus importante va consister à cesser de forcer, lâcher prise sur le Sommet, et prendre plus de recul. Pas certaine d’y parvenir tout de suite…

On se retrouve bientôt.

 


Cet article participe au Carnaval d’Articles « Mon déclic – lettre à moi-même avant/après » du blog de Mélanie : focusresilience.com. J’apprécie beaucoup ce blog, et l’un de mes articles préférés est Im-possible, qui me touche particulièrement.

 

 

Si tu as aimé cet article, tu es libre de le partager sur tes réseaux. Merci à toi !

Laisser un commentaire